Psychodrame à Gaborone

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15 octobre 2015, Paris — Les dix joueurs de l’équipe nationale de football d’Erythrée qui ont fait défection hier au Botswana sont toujours détenus par la police et n’ont pas encore pu rencontrer leur avocat, m’a dit à l’instant une source proche de celui-ci à Gaborone. Le psychodrame initié par leur départ clandestin de la pension où ils étaient logés et leur refus de se rendre à l’aéroport pour retourner à Asmara a même pris un tour plus inquiétant ce matin, après que le ministre de la Justice du Botswana a, au cours d’une émission de radio, affirmé que son gouvernement ne leur reconnaissait pas la qualité de réfugiés, étant donné qu’ils étaient entrés légalement dans le pays avec leur passeport et qu’ils n’étaient manifestement pas en fuite.

Entretemps, leur avocat entend introduire dès cet après-midi une demande urgente auprès de la Haute Cour de Gaborone « pour permettre aux dix joueurs d’avoir accès à leur conseil et d’obtenir la chance d’être entendus équitablement« , selon la même source.

Mais les autorités érythréennes, furieuses et humiliées par cette énième défection spectaculaire, exercent une très forte pression sur le Botswana pour le contraindre à expulser les impudents. L’ambassadeur d’Erythrée s’est même rendu personnellement au commissariat de Francistown où les joueurs ont été conduits par la police hier et a publiquement mutilé leur passeport, de manière à les invalider et faire d’eux des sans-papiers.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés suit leur cas de près, mais ne peut engager aucune démarche tant que leurs représentants n’ont pas eu accès aux dix garçons, qui doivent faire une demande formelle d’enregistrement.

« La situation est très inquiétante« , m’a enfin confié cette source. « Elle est surtout contraire aux traditions du Botswana, qui a toujours été un exemple démocratique et un pays d’hospitalité, même à l’époque de la lutte pour l’indépendance de l’Erythrée.« 

3 réflexions sur “Psychodrame à Gaborone

  1. Linda connait assez Bien, Asmara pour s’y être également rendue… A la même époque. Ne doutons pas que la situation aie également, empirer.😉

    Smiley, où le fossile de Lucy… Les enfants abandonnés Non, pas d’esprit

    La fiesta au cabaret avait semblé Bien, courte jusqu’à l’after… Minuit où la noirceur sans fin sous les éclairs, des obus. Aux abords de la piste d’aviation une déflagration, paraît-il un dépôt de munitions. Fermer la porte et éteindre les cigarettes, éviter de servir de cible derrière des volets en tôle. Onduler discrètement jusqu’à la dernière résistance sous des échanges de tirs, trop nourris. S’affaiblissant, avant l’aurore pour grimper sur un toit où discerner les premiers bruissements de la population. La radio lascivement, quotidienne au petit déjeuner… Ne piper mot, des infos habituelles entre voisins souriants, silencieusement.
    https://laguenon.wordpress.com/2015/10/13/smiley-ou-le-fossile-de-lucy-les-enfants-abandonnes-non-pas-desprit/

  2. Bonjour, je me demandais si vous aviez des informations sur ce qu’il était finalement advenus de ces réfugiés ? Après plus de six mois, sont-ils toujours au Botswana ? Ont-ils été expulsés, ou ont-ils pu s’assurer que ça n’arriverait pas ?

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