Le « Je sais » de Pasolini

Pierpaolo_Pasolini_2

10 mai 2009, Paris. Ce qui se dessine, au fur et à mesure que j’avance dans ce livre, c’est mon assurance que j’ai gagné de la force et de l’endurance depuis que je l’ai commencé. Ma résistance devant les révélations difficiles. Cette patience que j’éprouve enfin, même dans le tourment et le doute. Le calme d’un fond marin, sous la houle dangereuse du quotidien. Mes certitudes devant ce qu’il reste à accomplir.

Illustration de cette nouvelle et calme dureté que j’ai conquise : j’ai mis en exergue des « Erythréens » cet extrait d’une tribune de Pier-Paolo Pasolini, publié dans le Corriere della Sera le 14 novembre 1974, et qui dit assez bien combien rien ne sert de se cacher derrière son petit doigt :

Je sais. Mais je n’ai pas de preuves. Ni même d’indices. Je sais parce que je suis un intellectuel, un écrivain, qui s’efforce de s’intéresser à tout ce qui se passe, qui tente de connaître tout ce qui s’écrit, d’imaginer tout ce qui ne se sait pas ou qui se tait, qui recherche les faits même les plus lointains, qui rassemble les morceaux désorganisés et fragmentaires de toute une situation politique cohérente et qui rétablit la logique là où semblent régner l’arbitraire, la folie et le mystère. Tout cela fait partie de mon métier et de l’instinct de mon métier.

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