Soudain, le jour

djibout

27 avril 2009, Djibouti. Soudain, le plaisir est venu et, en un instant, la ville a pris un visage fraternel. Dans le hall étouffant de l’aéroport, à l’agence avec les journalistes somaliens devenus des amis, dans la voiture avec Abdi, mon chauffeur-guerrier de Mogadiscio, dans les rues nauséabondes du marché de Djibouti, dans les couloirs de l’immeuble où dorment des vagabonds, mes pas, mon attente, ma patience étaient assurés, élégantes, confortables. Les journées ont pris leur forme. A la fin de la journée, en regardant les supertankers ancrés dans le port et le pont extravagant qui doit relier Djibouti et le Yémen, je me suis rendu compte que mon visage était plus noir et marqué, que je portais une barbe courte et une chemise blanche boutonnée jusqu’aux manches comme les Somaliens. Un ventilateur paresseux brasse l’air moite de ma chambre. Je blague avec le serveur du bar l’Historil, qui me tape sur l’épaule. Les prostituées éthiopiennes me sourient sans m’appeler. Heureux, je me moque de tout. Je suis prêt à rentrer, comme d’habitude, enfin.

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