Anonyme et féroce

p42500171

26 avril 2009, Djibouti. Je travaille dix heures par jour, anonyme et féroce, traversant la ville à pied comme un fantôme sous les grands coups de cymbale du soleil. Le coeur gagne chaque jour un peu plus de force, se lassant sans doute lui-même de toute cette souffrance silencieuse et de cette vilaine petite méchanceté, cette sécheresse, cette froideur venue de France qui, ici, me blesse plus que de raison. Alors, je me suis remis à sourire, cruellement, solitairement. Je mange des sandwiches au poisson et bois des jus de fruits glacés. Il a fallu une semaine de cet enfer étrange et torride pour que l’air revienne dans mes poumons, peu à peu, comme si je sortais enfin la tête de l’eau tiède de la mer Rouge après un long apnée. Et tout cela pourquoi ? Avec tout ce que j’aime, j’ai laissé « Les Erythréens » derrière moi, à Paris. Cette année a été celle de l’arrachement. Les leçons restent à recevoir.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s