La ville des fous

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25 avril 2009, Djibouti. Mon ami somalien, Omar Faruk, est arrivé hier soir de Kampala, épuisé, traînant un mal de tête qui transformait son éternel bavardage britannique en une longue traînée confuse et polie. Je me suis donc retrouvé au milieu d’un tourbillon de Somaliens de Mogadiscio vêtus de chemises impeccables et me tendant immédiatement une main chaleureuse, chaque fois que mon regard se posait sur eux.

L’air humide et brûlant, porteur de maladies, à peine brassé par l’air marin saturé de sable. Les acacias et les palmiers bruissant de centaines de corneilles braillardes. Le ciel bleu roi où passent des nuages sans conséquence. Les feuilles de qat, les épluchures et les ordures jonchant les rues goudronnées. Les hommes maigres aux yeux jaunes, la bouche pleine d’un mâchouillis hallucinogène. Les jeunes et superbes femmes voilées, marchant par deux, qui lâchent un sourire désarmant. Les soldats tondus et arrogants qui sillonnent la ville, le soir, comme s’ils  étaient venus manger une glace sur le port d’une petite station balnéaire de la Côte d’Azur. Les palais de sultanats disparus criblés d’impacts de mitrailleuse et de léprosités de vieillesse. La chaleur, la nuit, les klaxons. Cette ville rend fou.

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