Motos hurlantes et odeurs de viande

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12 mars 2009, Palerme. La capitale de la Sicile est une accumulation anarchique et, sans doute, la plus septentrionale des villes d’Afrique. Chacun ici est venu poser son palais, sa façade, son minaret ou son dôme, comme on laisse un graffiti dans les toilettes d’un bar. La Provence après l’apocalypse. Autour de la cité illogique, bruyante et sale, des montagnes verdoyantes se dressent comme des murailles gigantesques, du côté de l’intérieur des terres, tandis que la mer, masquée par les chantiers, les ports de plaisance ou de ferries, est absente, mise à l’écart comme une grande soeur embarrassante. Dans la cathédrale, les cierges sont mécaniques. On met une pièce dans l’une des deux fentes d’une sorte de lutrin, sur lequel sont alignés des ampoules longilignes dont la flammèche électrique imite le tremblement de la flamme d’une bougie.

Dès que je croise un Africain dans la rue, ce réflexe que j’ai de reconnaître ou non un Erythréen. Je crois en avoir vu un, pendant cette promenade sans but de trois heures que j’ai faite ce matin, me trouvant dans la situation de celui qui a vu atterrir une soucoupe volante et qui cherche prudemment à convaincre un monde incrédule. Je suis finalement rentré dans ma chambre d’hôtel en milieu d’après-midi, trop gavé de façades lépreuses, de motos pétaradantes, d’odeurs de poissons frais et de carcasses de viande.

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