Central Palace, Corso Vittorio Emmanuelle, Palerme

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Soir, Palerme. Après trois heures d’autobus dans une campagne déserte et verte, j’arrive dans cette grande ville, qui me semble soudain à la fois monstrueuse et maternelle, après qu’il a manifestement plu toute la journée. Mon hôtel, le « Central Palace », est d’un luxe éclatant. Dès mon arrivée, quatre officiers des services pénitentiaires, lourdement armés, semblent garder la porte en bois verni. Chacun porte une valise noire, marquée du sceau de leur service. Derrière un comptoir encombré de plantes vertes et de paniers à bonbons, un réceptionniste en livrée s’efforce manifestement de dissiper un malentendu, pendant que j’effectue mon inscription. La clé de la chambre 334 est alourdie par un pompon.

Ma chambre est superbe. Une tête de lit en bois et cuir. Un bureau d’acajou. Des lampes discrètes et douces. Mais il est risqué d’ouvrir la fenêtre. En regardant au travers des persiennes de bois, je distingue un terrain vague encombré de détritus, quelques arbres morts, une arrière cour nauséabonde et un chantier. J’éclate de rire, vivant dans cette confrontation permanente de la beauté et des immondices depuis une semaine maintenant.

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